Les coulisses d'un tournage

Je vous livre mes secrets
Ari Folman un maître
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Pour moi le cinéma, ce n’est pas une tranche de vie, c’est une part de gâteau

Alfred Hitchcock

Je travaille seul

Mon public est restreint

mois

Solitaire

  • Je trouve de l’aide sur internet auprès d’autres allumés qui partagent des solutions aux problèmes techniques. Et il y en a…
  • J’ai aussi le soutien de ce gaillard qui m’accompagne avec gentillesse, mais dont l’engagement au travail n’est pas total.

Mon public

  • Mes amis
  • Mes relations
  • Ma famille
  • 100 à 150 personnes au total, dont plusieurs m’incitent régulièrement à continuer et à continuer encore… Je le fais mais avec un bon espace entre les productions. Il s’agit de vivre, aussi…

6 mois pour 6 minutes

  • Scénario
  • Recherche documentaire
  • Décors paysages et objets
  • Animation gestuelle et expressions
  • Montage
  • Bande son : musique et bruitages
  • Paroles de synthèse
  • Sous-titrage
  • Postproduction internet
  • Création des versions video selon les formats requis MP4, Webm, Mov
  • Mise en ligne en version Laptop et Mobile, pour Win et Mac

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des réponses à vos questions

Pourquoi le format des ultra-courts ?

J’ observe les comportements sur internet, et les miens. Aujourd’hui il est difficile de conserver un visiteur plus de 2 minutes. C’est un vrai challenge. Et j’ai appris dans le passé qu’on dénature une bonne présentation orale en s’attardant sur des détails superflus.
Je tiens donc à rester dans le très très court. C’est une contrainte, certes, mais surtout un vrai bonheur. Je mesure, je coupe, je coupe. Je pense à vous, spectateurs, en permanence. Mon rêve serait de faire une excellente animation d’un opéra de 4 heures. J’y pense…

Pourquoi une absence sur Facebook ?

En France le concept du « fair use » (ou droit de citation) est inconnu : la possibilité d’utiliser des extraits de musique, dès lors que c’est en durée raisonnable. Comme particulier,  je n’ai jamais pu m’acquitter des droits auprès de la Sacem pour des montants de quelques euros. Et je tiens à utiliser mes propres CD’s pour le son de mes films. J’y suis très attaché. Facebook repère en quelques secondes une musique illégalement diffusée et il « blacklist » instantanément. Donc je fais sans eux.

Vous visez un public restreint, pourquoi ?

Je ne cherche pas la gloire mais un sourire de ceux que j’ai invités. Pour les réseaux sociaux, j’ai expliqué que Facebook et Youtube considèrent illégal d’utiliser de très courts extraits de musique du commerce. Ces sociétés manquent de réussite pour combattre les fake news et les extrémistes, mais pour 5 secondes de musique sortie d’un CD on est blacklisté, c’est la porte immédiate. La musique gratuite sans droits ne vaut pas grand chose, et c’est mon grand plaisir de choisir le son. Je ne change rien, je continue ainsi, en donnant une préférence à mon public …

6 mois pour 6 minutes, êtes-vous normal ?

Pour un film d’animation de 5 à 10 minutes, l’expérience me montre qu’il me faut 6 mois. En délai, pas en charge : un vrai travail à mi-temps, à mon rythme, mais presque à plein temps dans la tête car le sujet est addictif. Alors oui, on peut se poser la question. Je n’en dirai pas plus. Sauf que voir enfin le film tout juste terminé en croisant les bras est une joie très intense, une explosion. Qui justifie le temps consacré.

Quelles sont vos sources d'inspiration ?

J’utilise principalement mes photos de voyage comme base des décors. J’ai un personnage récurrent dont je connais bien le caractère. En associant les deux, j’imagine des situations plutôt courantes où il sera possible en 5 minutes de raconter une histoire qui se tient et qui repose sur un mix d’amour, de drame et de lieux intéressants. En recherchant souvent une fin ouverte qui laisse un accès libre à l’imagination. Mais tout autre thème reste possible, si je pense là pouvoir éveiller une curiosité.

Pouvez-vous définir votre style ?

Je suis convaincu que la simplicité, le style des « dessins animés » des origines peuvent avoir un pouvoir d’évocation incroyable. Pour moi, « Valse avec Bachir » (de Ari Folman, 2008) atteint un sommet dans le genre : décors minimalistes, personnages juste esquissés, mais un récit poignant. Dans ce film, la course débridée des molosses est terrifiante, en quelques traits seulement.
Mon héros principal étant par nature naïf mais hardi, entreprenant et enthousiaste mais fragile, il fallait un style en accord: couleurs positives, décors chaleureux, peinture à caractère enfantin, dessin « ligne claire », personnages simplifiés, expressions du visage exagérées. Pas d’effets inutiles, priorité à l’histoire. Une touche d’imperfection est de mise. Elle est souvent involontaire…

Quel est le meilleur moment créatif ?

Il y a 2 meilleurs moments :
– l’étape du montage. Elle consiste à assembler des éléments disparates pour en faire un « quelque chose » qui tient debout. Des images, des clips, des mots synthétiques, des extraits de mes CD’s, et d’un seul coup tout ceci devient vivant et prend un sens. Alors il faut couper partout pour donner le rythme. C’est un vrai bonheur créatif que je chercherais même sans spectateurs.
– une fois le film sur internet, en passant devant une FNAC j’entre et je joue le film quelques secondes sur un ordi de démonstration. Et ça marche toujours… Merveilleux.

Direct : avez-vous "la grosse tête"

Pas trop. Juste ce qu’il faut. Dire que je n’ai pas de satisfactions d’ego serait faux. 

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la panoplie indispensable

Les centaines de planches photo de Muybridge disponibles sur internet. Humains et animaux dans la plupart des mouvements décomposés image par images : marche, course, sauts, dans les escaliers, avec fardeaux etc.

Le livre indispensable de Preston Blair, le plus proche collaborateur de Disney. Incontournable et définitif sur tout ce qui concerne la mise en images des mouvements, des expressions, et des phénomènes physiques (rebond, accélérations, impact, etc.)

Je travaille sur Mac. J’utilisais tous ces logiciels. Depuis 2020, j’ai adopté « Adobe Creative Cloud » avec ses 12 logiciels, dont celui de montage « Premiere ». Le montage est l’opération décisive qui va donner au film son rythme, sa tonalité, son sens. Son intérêt et ses chances de succès.

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le montage, les monteurs (editors)

Je suis un micro-cinéaste amateur sans prétention

La phase ultime du montage est décisive. Et c’est l’étape qui me donne le plus d’enthousiasme.
Il y a le « avant », constitué d’une multitude de pièces détachées d’images, de musique et de sons. Et il y le « après » : une chose qui tient debout, qui trouve son sens, son rythme, en principe capable de divertir. Le passage de l’avant à l’après, la fin du montage est pour moi une explosion de joie. Voir tout s’animer avec musique, voix et bruitages : c’est peut-être pour cet instant là que je passe autant d’heures sur ce qui précède.
Tournons nous vers le cinéma professionnel, le vrai. Pour le montage, un réalisateur fait appel un professionnel qui va prendre le leadership pour couper, trancher, ordonner, ré-agencer, modifier, accentuer, atténuer, rythmer… bref délivrer au réalisateur la chose qu’il visait intuitivement depuis le début. Le rôle du monteur devient alors aussi indispensable que celui du réalisateur. Il serait normal qu’il soit mis davantage en relief dans les génériques. Peu d’entre eux sont sortis de l’ombre, et c’est une injustice. Les réalisateurs, eux, ne s’y trompent pas.

Joelle Van Effenterre est une grande pro

 Joelle est une monteuse de premier plan dans le cinéma français. Elle est aux génériques d’un nombre de films impressionnant. Pour le 45ème Festival de Cannes elle a été choisie au sein du Jury présidé par Gérard Depardieu.
Je l’ai vue exercer ses talents lors de sessions de montage pour le film d’un ami. Impressionnant. Je me suis senti concerné.
Une video de l’INA – 6 minutes – lui donne l’occasion d’expliquer son rôle dans un film. Avec simplicité, et mieux que moi. Je vous invite à regarder cette video de Joelle.

Le futur film...

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