Mes sites internet
- je conseille, je recommande
- je réalise, je rénove
- je forme
in the move
Je fais des sites, et j’en rénove depuis…
…depuis plus de 20 ans.
Au tout début, jusqu’en 1999, l’internet grand public était une sorte de jungle peu hospitalière. Le principal concurrent en France était le Minitel, qui rencontrait un succès fou. C’est dire…
Les moyens étaient…
…les moyens étaient ce qu’ils étaient : un réseau de télécom limité au réseau téléphonique commuté de base, des ordinateurs peu performants, des logiciels de navigation disparates peu compatibles entre eux etc.
Les techniques de développement balbutiaient, on se formait « sur le tas », de nouvelles approches de conception surgissaient sans interruption.
Les internautes étaient équipés d’ordinateurs rudimentaires, et de surcroit ils étaient totalement néophytes.
Les premiers pas décisifs
…les premiers pas décisifs ont été l’ADSL, avec des ordinateurs plus puissants, et un début de rationalisation des navigateurs, moins nombreux et avec des fonctionnalités convergentes (adieu Mosaïc, Netscape, et autres). Et surtout un engouement progressif du grand public, source de développement de nouveaux projets. Le webdesigner restait cependant un spécialiste de la programmation HTML, « dans le dur », qui absorbait la plus grande part du temps passé au détriment du travail sur le contenu. En 2005, la situation devenait enfin plus sympathique.
Une étape nouvelle : les CMS
Une étape nouvelle a été franchie avec l’arrivée des logiciels CMS (Content Management Systems) du genre WordPress, Blogspot, Joomla , Drupal et autres, qui ont permis de prendre des distances avec la programmation HTML en réduisant considérablement la durée de mise en oeuvre, et en permettant un dialogue plus efficace entre le réalisateur et son client. Les années 2005/2015 marquent le départ d’une ère nouvelle : une ergonomie améliorée, un look plus gratifiant, le commerce en ligne etc.
Depuis 2015…
…depuis 2015, l’arrivée des smartphones et des tablettes, avec leur croissance exponentielle, ouvre l’étape actuelle du design internet. Aujourd’hui seulement 50% de la fréquentation des sites provient d’ordinateurs portables et de stations de travail. Chaque site se doit d’offrir la possibilité d’être consulté avec confort depuis un mobile. Pour cela, 3 concepts sont devenus indispensables :
– l’adaptabilité (« responsiveness ») qui impose un format de page « flottant », la présentation du contenu se conformant à la taille de l’écran.
– le design tactile (« touchable »), avec moins de pages, plus longues et plus faciles à faire défiler du pouce, et une navigation par boutons s »ajoutant aux traditionnels « menus ».
– le « mobile first » qui consiste à structurer la présentation pour les mobiles en priorité et ensuite seulement pour les micro-ordinateurs.
Simultanément, Divi, une maquette pour WordPress s’inspirant du concept du jeu « Lego », apporte une facilité de conception sans égal. La maquette ultime et définitive, selon certains. Ce site est réalisé avec Divi et je partage ce point de vue.
Concernant le webdesign, ces 20 années sont marquées par un progrès constant vers plus de facilité, avec plus de fonctions et plus de plaisir pour le concepteur. Je suis heureux d’avoir vécu ce « grand bond en avant », et d’en bénéficier.
1996 : en apprentissage
LYNDA WEINMAN
Art Center College Of Design in Pasadena, CA
Tout ce que j’ai appris de structuré vient de son premier livre
« Designing Web Graphics »
the definitive guide to design & development
l’antiquité : site bluecity
Pour illustrer ce retour à l’ancien temps, j’ai choisi le site réalisé en 1998 pour le musicien Jean-Jacques Milteau, harmoniciste de grande renommé. Dans le milieu du blues et de jazz, il est une figure nationale, et même au delà. Adolescent, guitariste prometteur, il a changé d’instrument après s’être fait voler sa guitare à l’étranger. Sans ressources pour la renouveler, il a adopté un harmonica, et ne l’a jamais regretté… Les amateurs lui reconnaissent une place de premier plan. Et c’est aussi une belle personne.
JJM est avisé et entreprenant. Avant même l’an 2000, il a voulu un site internet pour sa visibilité et son image : concerts, livres, cours. Avec une part de musicologie du Blues, et des extraits musicaux on-line. Un précurseur.
Le site, consacré à la musique de blues, repose sur une ville imaginaire : Bluecity. Un an plus tard, il a été complété pour que JJM puisse de lui-même communiquer avec son public. Comme il était d’usage à cette époque, le site est structuré dans un style figuratif. Cette ville fictive, comporte en particulier :
- une école : destinée aux jeunes, pour apprendre quelques notions de base sur l’instrument.
- un kiosque : avec les tournées et concerts annoncés.
- un bar : où JJM nous présente ses amis musiciens.
- une boutique : JJM y présente ses CD’s.
- un musée : consacré à l’histoire du blues avec de nombreux extraits audio (très courts, pour raisons techniques car tout se fait sur le réseau téléphonique commuté habituel, à 9600 bits par seconde. Une misère.
Le site a été réalisé « à la main » en HTML pur et dur, WordPress n’était pas né. On ne peut pas faire plus léger, tout a été pesé au gramme près, images et musique. De ce fait les temps de réponse sont fantastiques avec les moyens d’aujourd’hui.
CE SITE N’EST PLUS EN LIGNE, IL S’AGIT D’UNE COPIE FAITE POUR L’OCCASION. Il a vécu plusieurs années. Par la suite, intégrant une maison de disques, JJM est entré dans le dispositif internet commun de ce groupe. Le site Bluecity a reçu les compliments suivants :
- distingué par Netsurf pour la qualité de son graphisme en 1998.
- et par Webivore Knowledge Systems en 1999 :
« We find values to this Web site and we have included it in our collection of educational web pages. This collection is an index of the best Web sites found and reviewed by our content experts and editors to help students and educators find accurate and useful information on the Web ». - award « Aigle du Web » en 1998.
Le choix de cet exemple n’est pas nostalgique. Mais pour montrer les progrès phénoménaux qui ont été faits avec bonheur en 20 ans, pour ce qui est du design et des moyens. Faire un tel site aujourd’hui serait un vrai plaisir. Et ça va encore s’améliorer.
Pour mesurer l’étendue du chemin parcouru, vous pourrez comparer ce site Bluecity de 1998 avec celui sur lequel vous êtes actuellement et constater la différence : plus d’espace, meilleure lisibilité, graphismes et animations, ordinateur et mobiles. Et 2 fois moins de temps de réalisation.
pourquoi ce retour arrière ?
Pour apprécier les progrès énormes accomplis en 20 ans sur les sites internet, il faut rendre concret cette évolution avec un exemple. On comparera le site de JJ Milteau (ci-dessus) avec le mien, celui sur lequel vous vous trouvez actuellement.
Les deux ont été batis avec les meilleures solutions du moment
1999
- complexité du design 100%
- effort de réalisation 100%
- difficulté de maintenance et évolution 100%
- coüt 100%
2019
- complexité du design 10%
- effort de réalisation 30%
- difficulté de maintenance et évolution 70%
- coüt 75%
mon book est déjà un musée
Dans le chapitre « mon book », je fais l’inventaire de mon activité depuis l’origine. Il y a des sites très différents, de 1996 à aujourd’hui. Certains sont actifs, d’autres ont vécu, ils ont fait leur temps et ils ont été rénovés ou remplacés. Il y a donc de tout, on pourra voir l’évolution que je viens de décrire. On constatera l’aspect dérisoire et démodé d’anciens sites pour des yeux d’aujourd’hui. A l’époque ils ont pu plaire et être utiles.
C’est dans un musée d’histoire naturelle que je vous invite à entrer. Le parquet grince un peu, ça sent la cire de « dans le temps », par endroits c’est déjà de la préhistoire.
dompter le dragon ?
« L’émergence du phénomène Internet est de même importance que la découverte de l’imprimerie ».
C’est devenu un lieu commun. Et c’est certainement vrai. Avec 3 différences:
- Internet s’est propagé à une vitesse insensée sur tous les continents
- à la différence du livre et du journal, il rend instantannée la possibilité d’accéder à tout, partout et sans limites
- il a franchi la première étape de son développement mais un espace vierge considérable reste devant nous en tenant compte des innovations technologiques à venir.
Ceci est positif à de très nombreux égards.
Et le futur ?
Mais de vrais problèmes se posent désormais aux humains : quel usage sera fait de cet outil ? En vue de quels objectifs ? Comment en maîtriser l’évolution ? Des notions fondamentales sont exposées à la dérive possible/ probable : éthique, géopolitique, politique, pouvoir, philosophie, vie sociale, j’en passe. Saurons-nous contenir les débordements sur le long terme ?
Je fais partie de ceux qui ont de très grands doutes. Peut-être même des angoisses.
J’ai beaucoup appris de mes erreurs – sur internet mais pas que – et je suis même capable de les répéter à la perfection
jcb d’après Jonathan Coe
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