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Souffler nest pas jouer, quoique...
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Un soir de 1965,
J.J.Milteau fut touché au coeur par le Blues
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Depuis, on entend ses harmonicas sur
dinnombrables enregistrements, génériques, jingles et musiques de films.
Eddy
Mitchell,
Jean-Jacques Goldmann,
Yves Montand,
Gabriel Yared,
Renaud,
Maxime Leforestier,
Charles Aznavour,
pour nen citer que quelques uns, ont fait appel à son talent.
Il nen poursuit pas moins une sereine carrière de soliste. |
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Le petit Marine
Band, «le Souffle du Blues», a quitté sa Forêt Noire natale un beau matin de 1896 pour
courir le monde dans la poche de musiciens de fortune ou fortunés, de bluesmen
caustiques, démigrants transis, de bûcherons joviaux, de bergers taciturnes, de
marins qui hantent le fond des quilles, de maudits poètes, de politiciens lugubres et
dastronautes primesautiers. Accessoirement, et depuis 1965, il fait
systématiquement saffoler les détecteurs de métaux qui passent à proximité de
mes poches.
Je vous confie
quil sagit là dune passion contractée à lécoute du Blues et
entretenue depuis sur scène, en studio, en balade et dans lintimité. Sponsorisé
par le virus du voyage précaire et du dilettantisme, merveilleusement inconscient de
limmensité de lunivers musique, jai distraitement jeté mon dévolu sur
le «ruine-babines», dont la modestie teintée de sensualité ma permis -je
lespère- de conserver la cheville mince et le coeur gros.
Jai
dernièrement réalisé que lacquisition fortuite de cet instrument anecdotique,
donc essentiel, ma conduit :
- à avoir la gorge sèche à Bercy et le gosier humide à lUtopia,
- à souffler dans mes doigts à Miquelon et aspirer un peu de fraîcheur à Brazzaville,
- à goûter la caresse du temps à lOpéra Garnier et dexcellentes brochettes
à la Fête de lAndouille (où je nétais pas seul
),
- à accompagner de nombreux ci-devant chanteurs et à raccompagner quelques soi-disant
chanteuses,
- à saupoudrer plusieurs centaines denregistrements de notes bleues mais chaudes,
- à éviter de dire des âneries la bouche pleine (cependant, il faut bien
respirer
),
- à être victime dune Victoire de la Musique, à serrer la main dun ministre
et la gorge dun manager véreux (ou le contraire) mais surtout à côtoyer des
musiciens, des vrais, des grands, des humains, ainsi que le public qui va avec.
Lachat dun harmonica est un bien mince investissement pour
un tel bonheur en retour.
J.J.M. |
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