Bio dégradée...








Souffler n’est pas jouer, quoique...
Un soir de 1965, J.J.Milteau fut touché au coeur par le Blues…

Depuis, on entend ses harmonicas sur d’innombrables enregistrements, génériques, jingles et musiques de films.
Londres 1969Eddy Mitchell,
Jean-Jacques Goldmann,
Yves Montand,
Gabriel Yared,
Renaud,
Maxime Leforestier,
Charles Aznavour,
pour n’en citer que quelques uns, ont fait appel à son talent.
Il n’en poursuit pas moins une sereine carrière de soliste.
Le petit Marine Band, «le Souffle du Blues», a quitté sa Forêt Noire natale un beau matin de 1896 pour courir le monde dans la poche de musiciens de fortune ou fortunés, de bluesmen caustiques, d’émigrants transis, de bûcherons joviaux, de bergers taciturnes, de marins qui hantent le fond des quilles, de maudits poètes, de politiciens lugubres et d’astronautes primesautiers. Accessoirement, et depuis 1965, il fait systématiquement s’affoler les détecteurs de métaux qui passent à proximité de mes poches.
Je vous confie qu’il s’agit là d’une passion contractée à l’écoute du Blues et entretenue depuis sur scène, en studio, en balade et dans l’intimité. Sponsorisé par le virus du voyage précaire et du dilettantisme, merveilleusement inconscient de l’immensité de l’univers musique, j’ai distraitement jeté mon dévolu sur le «ruine-babines», dont la modestie teintée de sensualité m’a permis -je l’espère- de conserver la cheville mince et le coeur gros.
J’ai dernièrement réalisé que l’acquisition fortuite de cet instrument anecdotique, donc essentiel, m’a conduit :
- à avoir la gorge sèche à Bercy et le gosier humide à l’Utopia,
- à souffler dans mes doigts à Miquelon et aspirer un peu de fraîcheur à Brazzaville,
- à goûter la caresse du temps à l’Opéra Garnier et d’excellentes brochettes à la Fête de l’Andouille (où je n’étais pas seul…),
- à accompagner de nombreux ci-devant chanteurs et à raccompagner quelques soi-disant chanteuses,
- à saupoudrer plusieurs centaines d’enregistrements de notes bleues mais chaudes,
- à éviter de dire des âneries la bouche pleine (cependant, il faut bien respirer…),
- à être victime d’une Victoire de la Musique, à serrer la main d’un ministre et la gorge d’un manager véreux (ou le contraire) mais surtout à côtoyer des musiciens, des vrais, des grands, des humains, ainsi que le public qui va avec.

Kentucky 1973L’achat d’un harmonica est un bien mince investissement pour un tel bonheur en retour.


J.J.M.
 
route | musique | invités | technique | en écoute | plan